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Les erreurs à ne pas commettre avec la commande : "Monte"


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Les erreurs à ne pas commettre avec la commande « monte »
Barbara HEIDENREICH

Aimablement traduit par Marie Lesage pour l’Association Européenne du Perroquet
Avec l’autorisation de Barbara Heindenreich

Ce document est protégé par la loi sur les Droits d’auteur et le Copyright   
Le droit d'auteur en France est régi par la loi du 11 mars 1957 et la loi du 3 juillet 1985
Ce document ne peut être reproduit, de quelque manière que ce soit, sans l’ accord écrit de l’AEDP

 


Cela a été réitéré depuis des années dans la littérature du perroquet de compagnie : Votre perroquet doit obéir à la commande « monte » !

Obéir et commander.

Ces mots véhiculent pour moi de nombreuses implications. Je vois un perroquet qui n’a pas envie de monter sur la main, pourtant il est forcé de s’y conformer.

Ceci implique généralement des manœuvres telles que la main qui pousse sur la poitrine de l’oiseau, s’emparer rapidement de l’oiseau pour le mettre sur la main, ou enlever les pattes de la perche. Pour un entraîneur comme moi qui utilise le renforcement positif, ce sont des images très déplaisantes. Vous pourriez me demander « pourquoi » ?

Certainement, les stratégies précédemment édictées peuvent provoquer le résultat attendu pour le comportement désiré, c’est à dire l’oiseau posé sur la main.

Pourtant, le processus d’entraînement par la force implique des stratégies qui comprennent des expériences aversives. Pousser sur la poitrine avec la main, s’emparer de l’oiseau ou soulever ses pattes sont des expériences désagréables pour un perroquet, peu importe que l’aversion soit minimale.  

Retombées de l’utilisation de la force

Il peut exister de sérieuses et durables répercussions à l’utilisation de l’aversion pour obtenir la coopération. Le résultat le plus couramment obtenu est que le perroquet apprend à mordre en réponse à la présence de la main.

Le mot important dans cette phrase est « apprentissages ».

Les perroquets ne sortent pas de l’œuf avec des réponses agressives inhérentes à la présence des mains. Le comportement est appris par le biais d’expositions répétées à des situations désagréables incluant la présence des mains. Souvent, en dernier recours, un perroquet mord dans une tentative de dissuasion de la main qui persiste à pousser. Il suffit que la morsure produise les résultats attendus, l’oiseau peut apprendre en une seule fois que la morsure fonctionne ! Il est alors probable qu’il l’utilise dès la fois suivante quand une main envahira son espace. Ceci ne signifie pas qu’il suffise d’ignorer une morsure pour faire disparaître un comportement agressif. Pour une approche plus constructive, il faut prendre en compte le langage corporel de l’oiseau avant même que la morsure puisse survenir.

Typiquement, un perroquet offrira un langage corporel qui indique l’inconfort bien avant que la morsure ne survienne. Observer soigneusement le langage corporel de l’oiseau et opérer les ajustements nécessaires afin que celui-ci reste aussi détendu que possible, un propriétaire d’oiseau ainsi sensibilisé est plus chanceux de gagner la coopération de son oiseau sans comportements agressifs. On pourrait dire la même chose pour les réactions de peur.

De nombreuses personnes ont rencontré des perroquets qui montent sur le bras, ou l’épaule, mais qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter la main. Ici encore, ce serait une étrange adaptation pour un perroquet que celle de venir au monde avec une peur innée des mains. L’explication selon laquelle ce sont les expériences de l’oiseau qui lui ont appris à manifester de la peur est plus réaliste.

Effets collatéraux

Répercussions qui surviennent en forçant un oiseau à « monter »

-        Combien d’oiseaux mordent désormais en réponse à un comportement forcé pour monter ?

-        Combien d’oiseaux sont abandonnés en raison de problèmes de morsures ?

-        Combien d’oiseaux craignent les mains et s’envolent pour se réfugier au fond de leur cage ?

-        Combien d’oiseaux sont relégués à leur cage avec peu d’attention et d’enrichissement parce qu’ils ont appris la peur ou la morsure ?

-        Combien d’oiseaux souffrent d’un pire destin encore parce qu’ils ont appris des comportements légitimes de peur ou d’agression en réponse à la force ?

L’utilisation du renforcement positif offre de l’espoir

Malheureusement, il peut relever du challenge de rééduquer un perroquet à monter sur la main pour obtenir du renforcement positif après qu’il ait appris des comportements d’agression (et/ou de peur) envers les mains.

Mais la bonne nouvelle, c’est que cela est possible. Il est particulièrement important de noter que tant d’oiseaux sont abandonnés, délaissés avec peu ou pas d’attention, ou souffrant d’un pire destin, cela en raison d’une étiquette d’oiseau mordeur ou désagréable, tandis qu’il n’y a pas de faute de leur part. C’est toujours pour moi une triste expérience que celle de rencontrer un perroquet qui a appris des comportements agressifs. Cela est triste, principalement parce que cela aurait pu ne jamais arriver dans la vie de l’oiseau s’il avait eu l’opportunité d’apprendre avec le renforcement positif.

Ayant travaillé pendant des années à des programmes d’éducation au  vol libre, j’ai eu véritablement un choc quand j’ai initialement découvert les centaines de perroquets de la communauté des perroquets de compagnie qui présentaient des comportements agressifs ou des réponses de peur à la présence de la main.

Cette observation m’a conduit à conclure que la différence réside dans l’information. La communauté de ceux qui entraînent les perroquets au vol pour les spectacles a été amenée à utiliser le renforcement positif pour l’entraînement. Un perroquet en vol libre peut facilement choisir de ne pas revenir si son entraîneur a recours au renforcement négatif pour forcer l’oiseau à monter sur la main. Par conséquent, le renforcement négatif et ses inconvénients ne peuvent faire partie d’une stratégie d’entraînement.

De plus, la communauté du perroquet de compagnie a traditionnellement été nourrie de conseils qui promeuvent largement l’utilisation du renforcement négatif. Cela a en fait conduit à pléthore d’oiseaux présentant des troubles du comportement. Cela signifie qu’une grande étendue de possibilités attend les propriétaires de perroquets de compagnie. L’utilisation du renforcement positif dans l’entraînement fait finalement son chemin pour de nombreux soigneurs du monde aviaire, les perroquets et leurs propriétaires ont maintenant de l’espoir.

Les perroquets n’ont plus à obéir, ils peuvent désormais apprendre « monte » avec des conséquences enviables. Ils peuvent apprendre à avoir envie de « monter » !

Renforcement positif versus renforcement négatif

Changer peut être difficile. Les habitués de l’utilisation du renforcement négatif pour créer des comportements ont souvent l’intime conviction qu’il n’est pas nécessaire de considérer d’autres stratégies. Parmi leurs arguments, celui que le renforcement négatif fonctionne ! C’est vrai. Le renforcement négatif fonctionne, en effet. Cependant, l’efficacité n’est pas le seul critère qui doit être considéré par un propriétaire consciencieux. La raison en est que le processus d’apprentissage par le biais du renforcement négatif est désagréable. Le renforcement négatif est aussi appelé l’entraînement par l’évitement ou le harcèlement. L’animal participe pour éviter une expérience aversive. Pas vraiment un processus construit avec la confiance. De plus, les stratégies d’entraînement avec le renforcement négatif créent des réponses strictement limitées. Les animaux s’en tiennent à ce qui est nécessaire pour éviter l’expérience aversive. Il existe aussi la conception erronée selon laquelle le renforcement négatif crée plus rapidement des réponses fiables. Tandis que les résultats peuvent être immédiats, il serait bon de noter que des réponses rapides, efficientes, fiables et reproductibles peuvent aussi être obtenues avec le renforcement positif.

D’aucuns argumentent qu’en cas d’urgence, l’oiseau devra répondre à la commande « monte » rapidement. Dans le cas d’une réelle urgence, telle une maison en feu, il est communément admis que vous fassiez tout ce qui pourra permettre que votre perroquet soit sauf.

Il semblerait que parfois, les définitions de ce qui constitue une urgence deviennent confuses. Etre en retard pour partir travailler n’est pas une urgence qui justifie qu’un entraîneur abandonne les stratégies d’entraînement par le renforcement positif. Sur le long terme, j’obtiendrai des performances pour un comportement plus fiables si je prends le temps de procéder avec le renforcement positif même si cela peut parfois comprendre de petits inconvénients pour moi.

A partir de mon expérience, il n’y a pas de réelle justification pour l’utilisation du renforcement négatif pour le comportement « monte » dans la plupart des cas.

Trucs pour entraîner la commande « monte » avec le renforcement positif

Un des composants clé de l’entraînement avec le renforcement positif est de donner un choix à l’oiseau.

Plutôt que de forcer l’oiseau, le but est d’enseigner au perroquet que le choix de venir vers le propriétaire provoque des conséquences enviables. Ces conséquences peuvent être des gâteries, gratter la tête, accéder à un jouet, avoir de l’attention, etc. Identifiez ce que l’oiseau aime et utilisez- le pour renforcer des approximations qui tendent vers le comportement désiré, celui de monter sur la main. Un moyen simple d’enseigner à un perroquet le déplacement vers une direction souhaitée est de l’entraîner à orienter son bec vers une cible.

La cible peut être n’importe quel objet choisi dans ce but. La cible peut être graduellement positionnée de plus en plus près de la main visée pour le comportement « monte ». La main destinée à recevoir l’oiseau doit demeurer stable et dans une position qui facilitera la venue de l’oiseau sur la main. Le but est, non pas d’avancer la main vers l’oiseau pour qu’il y monte, mais de faire monter volontairement l’oiseau sur la main alors qu’il suit la cible. Un oiseau ayant vécu une histoire malheureuse avec les mains est susceptible de montrer des signes d’appréhension ou des comportements agressifs alors qu’il se risque plus près de la main.

Renforcez généreusement un oiseau apeuré qui ose approcher. Si le perroquet présente des comportements agressifs, retirer doucement votre main ainsi que tout renforçateurs positifs disponibles pour l’oiseau pendant quelques secondes. Cela démontre non seulement à l’oiseau que son langage corporel a été compris et reconnu, mais aussi qu’il a perdu l’opportunité de gagner des renforçateurs positifs. Quand cette stratégie est associée avec le renforcement des comportements désirés, l’oiseau peut rapidement apprendre à se montrer calme plus longtemps et à diminuer les agressions sans que des stratégies d’entraînement aversives soient utilisées.

Finalement, le perroquet peut apprendre à monter volontairement sur la main pour obtenir des renforçateurs positifs. Tandis que l’oiseau apprend « monte », le ciblage peut être utilisé afin de diriger l’oiseau vers les endroits opportuns pour les soins basiques d’élevage. Cela permet d’éviter au propriétaire de devoir revenir à des stratégies d’entraînement avec le renforcement négatif pour déplacer les oiseaux pendant le processus de réentraînement.

Conclusion

Une approche par le renforcement positif comprend les choix donnés aux animaux pour participer.  

Les propriétaires peuvent tester la facilitation pour l’oiseau du choix de présenter le comportement désiré, comme « monte », suivi par d’amples récompenses. Le résultat est un perroquet de compagnie qui participe avec enthousiasme pour interagir avec son propriétaire.

L’une des joies de la vie partagée avec un perroquet de compagnie est la relation qui peut être forgée entre le propriétaire et l’oiseau. Le renforcement positif développe la confiance et une relation incroyablement gratifiante.

Si une seule chose doit changer dans vos stratégies de manipulation, c’est l’évolution de la commande « monte »…réquisitoire pour une commande.

 

 Ce document a été remis aux participants de la 2ème édition des  Journées du Perroquet, qui se sont déroulées à Tours en 2009.

lAprès ces Journées du comportement du Perroquet de Compagnie, vous allez « travailler » avec vos perroquets, et sans doute le regarder d’un œil différent.

Soyez assurés que vos perroquets aussi vont vous regarder d’un nouvel oeil, et sans doute penseront-ils : 
« Enfin, ils ont compris ! »

N’hésitez pas à nous faire partager vos expériences, vos réussites, vos questions et peut-être même vos échecs passagers.

N’oubliez pas d’être toujours de bonne humeur quand vous voulez enseigner de nouveaux comportements à vos perroquets. Soyez également constants, clairs dans vos objectifs, patients et très observateurs.

Ne sous-estimez jamais l’intelligence de vos perroquets, mais ne leur demandez pas l’impossible !

Pour nous envoyer le compte-rendu de vos expériences et vos photos : contact@aedp.fr

 Au plaisir de vous lire !

Suzy Liebaert-Guaschb
Présidente fondatrice de l’Association Européenne du Perroquet
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